l’Ascension sera célébrée partout en France
L’Ascension Ce 14 mai , l’Ascension sera célébrée partout en France, et dans le monde. L’Ascension de Rembrandt (Peinture à l’huile sur toile). 1636 – Alte Pinakothek Munich Bien que vécue par beaucoup de Français, peu de fidèles connaissent la véritable signification de cette commémoration, qui est pourtant l’une des principales fêtes chrétiennes. Si Pâques marque la résurrection du Christ, l’Ascension marque son élévation vers le royaume des cieux, mais surtout la fin de sa vie en tant qu’homme.Après sa résurrection, et pendant quarante jours, le Christ apparaît et échange régulièrement avec ses disciples sur le royaume de Dieu. Les Actes des Apôtres relatent les dernières paroles de Jésus avant son ascension : « Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux [ses disciples], il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit-Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » » Ac 1, 4-5. Ce jour marque ainsi la fin de la présence physique et mortelle de Jésus. L’évangile selon saint Luc relate à peu près les mêmes faits : « Puis Jésus les emmena au-dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. » Lc 24, 50-51. Dix jours plus tard, le Saint-Esprit se manifeste devant les disciples afin de les bénir. Ce jour deviendra également une fête chrétienne, celle de la Pentecôte, et est considérée comme celle de la création de l’Église. Le Bucentaure retournant au Môle le jour de l’Ascension, de Canaletto, 1727-1729. (Peinture à l’huile sur toile) Rappel historique La célébration de l’Ascension remonterait au ive siècle. Elle était d’ailleurs parfois célébrée en même temps que la Pentecôte. Chaque année, les fidèles se rendaient, en procession, au lieu de l’arrestation du Christ, sur le mont des Oliviers, à côté de Jérusalem. Jusqu’au xviiie siècle, la ville de Venise célébrait cette fête avec la sortie annuelle d’un célèbre bateau, le Bucentaure. Une célébration dépeinte par le peintre vénitien, Canaletto, notamment avec l’œuvre Le Bucentaure retournant au Môle le jour de l’Ascension *. À partir du xve siècle, ces célébrations diminuent. En cause, la réforme protestante qui supprime cette fête de ses registres, et la montée de la foi protestante en France. La Révolution marque un autre point de tension, creusant un peu plus le fossé entre le peuple et l’Église. Il faudra attendre 1801 pour que l’Ascension regagne son statut de fête chrétienne, grâce au traité signé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII. Le Concordat entérine le fait que cette célébration devienne un jour légalement chômé, et donc férié. Ce statut légal sera conservé après la séparation de l’Église et de l’État, en 1905. L’éternel jeudi Qu’importe l’année, la fête de l’Ascension tombera toujours un jeudi. Il ne faut pas y voir une sorte de sacralisation de ce jour, la raison est principalement historique. En 325, l’empereur romain Constantin décide de réunir une assemblée d’évêques chrétiens. Pour beaucoup d’historiens, ce premier concile de Nicée constitue la première assemblée œcuménique de l’histoire du christianisme. Beaucoup de sujets ont été débattus lors de ce concile, avec la volonté de réduire les dissensions liturgiques et tenter d’unir l’ensemble des communautés sous une même nomenclature. Afin de décider quelle date adopter pour l’Ascension, le concile décide de se baser sur les Actes des Apôtres (voir extrait). Cette élévation se situerait quarante jours après la résurrection du Christ, déjà célébrée un dimanche. Pour exemple, en 2026, Pâques était le 5 avril. En ajoutant quarante jours, vous tomberez sur le jeudi 14 mai.
La jeunesse 2.0 réinvente le catholicisme
La jeunesse 2.0 réinvente le catholicisme Rassemblements, engagements, baptêmes, carême, messes… La foi catholique séduit, sans nul doute, les nouvelles générations. Les 18 000 baptêmes de jeunes et d’adultes qui se sont déroulés à Pâques 2025 ont été couverts par les médias quelque peu étonnés par le phénomène. Mais pour qui s’intéresse d’un peu plus près aux évolutions sociétales et aux centres d’intérêt des jeunes, ces chiffres s’inscrivent dans une dynamique beaucoup plus large : 42 000 jeunes de 18 à 35 ans aux dernières JMJ de Lisbonne, 21 000 participants au Jubilé des jeunes, 19 000 pèlerins sur les chemins qui mènent à Chartres, 13 500 collégiens d’Île-de-France au Frat, et 5 000 au Pélé VTT. Leur mot de ralliement : « Lève-toi ! », en réponse aux messages d’un pape très populaire auprès d’une jeunesse qu’il appelle à « changer le monde ». Même la période du carême, souvent perçue comme désuète, a fait son retour sur TikTok et Instagram. De nombreux jeunes catholiques partagent leur quotidien spirituel en ligne : jeûne, prière, aumône… Leurs démarches journalières s’affichent sous le hashtag #CaremeRoutine. Des vidéos virales proposent des conseils pour vivre cette période comme un vrai cheminement spirituel. Des prêtres, des religieux, des religieuses sont devenus influenceurs : frère Paul-Adrien, sœur Albertine ou père Gaspard cumulent des centaines de milliers d’abonnés sur YouTube, Instagram et TikTok. Leur approche décomplexée et leurs messages de proximité séduisent de nouvelles générations. Une nouvelle fois, à travers la jeunesse 2.0, l’Église sait se réinventer pour répondre aux nouvelles attentes de sens, au besoin d’ancrage et à la recherche d’espérance dans la société qui n’apporte plus de réponse.